Pour Clem.-->Nobody's waiting by your Side ♥<--
Ton regard divague en regardant l'écume qui vient te caresser les pieds. Tu embrasses la mer du regard, tu embrasses celle qui s'embrase sous un soleil de feu. Du doigt, tu chatouille l'eau, et porte ton doigt à tes lèvres.
Il a un gout de sel et d'amour, d'amour et d'aventure.
Comme tant de jours avant celui-ci, tu attends et espères. Tu connais à présent le doux contact du sable chaud par c½ur, les couleurs de la mer et le nom de ses innombrables vagues.
Tu attends.
Tu attends celui qui a su dérider tes lèvres, celui dont le simple nom fait pétiller ton regard, celui dont tu sais qui détient ton bonheur et qui vola ton c½ur d'un simple sourire.
Celui qu'on t'a enlevé bien trop tôt. Celui que cette mer sans pitié a pris, un matin de juin.
Tu le revois encore embarquer, un sourire mi-figue, mi-raisin.
La joie de voguer, la tristesse de te laisser, de laisser le village, sa famille, derrière lui.
Tu attends.
Comme tant de fois, la journée s'achève. Comme tant de fois, tu sais que ce ne sera pas pour aujourd'hui. Comme tant de fois, tu portes ta main a ton c½ur, et tombe sur le sable.
Souffre.
De la distance qui vous sépare, malgré ce pont de Lumiere qu'ont tissé vos âmes.
Tu balances des coups de pied rageurs dans l'eau, mais la mer se retire. Rit.
Insaisissable.
Tu te sais incapable de l'emprisonner, a elle qui emprisonne les hommes.
Tu t'affale a genoux, incapable de supporter le poids sur tes épaules trop frêles pour lui.
La souffrance recommencera demain.
Ta tête entre tes mains dodeline, et cet étourdissement accompagne d'envie de vomir recommence.
Parfois, tu entr'aperçois un navire aux voiles blanches, et tu pousses alors des cris de joie, bien vite remplacés par des larmes de tristesse. Ce n'est pas celui que tu attends.
Reçoit-il tes baisers que tu supplies le Vent de lui porter ? Attend-t-il comme toi, ce moment ou tu pourras sentir à nouveau le contact de sa peau, humer l'odeur rassurante de son cou, te noyer en ses yeux et non noyer des rêves mort-nés dans les eaux ?
Tu ne le sais pas.
L'attente interminable de l'etre aimé te détruit, lentement.
Illusions.
Vérité.
Tes phalanges blanchissent au contact d'un galet que tu serres trop fort.
Un galet qui s'appelle « Reviens ».
Désillusions.
Tu attends.
Et pourtant... « Espoir » te fait mal dans ton autre main.
Comme pour te rappeler qu'il existe.
C r u s h y o u r b r a i n